Le 1er février 1973, C. tombait "dans la mort comme Narcisse dans son image", le corps percé d'un coup de couteau fatal. L'homme à qui Gabrielle a dédié son Nécrophile a toujours occupé une place à part dans son cœur. Son visage apparaît sur une photographie conservée dans le "portefeuille des amours", dont j'ai hérité après sa mort. Elle n'a jamais cessé de célébrer sa naissance et sa mort, et on doit lui accorder le titre de catalyseur de son écriture, sans qui peut-être rien n'eût jamais existé.

Dans son édition de La mort de C., Gabrielle a glissé une page tirée d'un tapuscrit, Amore burlesco, "détruit parce que pas assez bon", a-t-elle écrit tout en bas du feuillet. On y lit ces quelques lignes, que Gabrielle a commentées dans la marge de ces trois lignes soulignées deux fois : "prophétie - 1972 - !!!" :

"Bob est reparti pour les Indes. Il y a quelques mois, on a retrouvé son cadavre nu, châtré, écrasé de coups, dans une ruelle infâme de Pondichéry. Il avait trente-sept ans.

Lady Mona :

- Pauvre cher Bob... Un jour, il m'avait dit : "Pondichéry, c'est comme la sous-préfecture d'un quelconque département de la France méridionale, tu sais, des bâtiments jaune peste, des petites places carrées, des palmiers poussiéreux dans des caisses. C'est la ville la plus triste du monde." La ville la plus triste du monde... Justement Pondichéry. Comme s'il avait deviné quelle male mort l'y attendait."