C'est encore tout sonné de la nouvelle de la mort de Leonora Carrington, que j'avais fait découvrir à Gabrielle par l'entremise de son délicieusement terrifiant Cornet acoustique, que je lève ma coupe de champagne en l'honneur de ma très chère amie, disparue en décembre 2002, et qui aurait fêté en ce 27 mai 2011 son quatre-vingt-onzième anniversaire. Il n'est de journée où son rire ne résonne pas à mes oreilles pour me rappeler que le temps passe avec une cruelle indifférence et qu'il cueille sans préméditation les êtres qui nous entourent, avant de refermer distraitement sa main sur nous.

Visitant ce mercredi l'exposition consacrée aux lumineuses lithographies obscures d'Odilon Redon, nous songions, M. et moi, combien Gabrielle se serait plu à nos côtés et combien son œil aurait brillé de sympathie devant les mondes extraordinaires de cet artiste rare.

Joyeux anniversaire, chère Gabrielle!